Désigné premier ministre par le président Joseph Michel Martelly, près d’une semaine après la démission de Gary Conille, Laurent Lamothe, présentement ministre des affaires étrangères du gouvernement démissionnaire, attend encore une invitation des bureaux des deux chambres du Parlement pour soumettre officiellement son dossier. Dans l’atmosphère politique plutôt brumeuse et très polluée d’Haïti, cette temporisation n’est pas un signe de bon présage.
On se demande déjà si le premier ministre désigné ne fera pas les frais de la zizanie existant depuis plus de six mois entre la présidence et le parlement et exacerbée récemment par les remarques intempestives des représentants de l’une et l’autre branche, l’investigation sur la nationalité des membres du gouvernement et le comportement arrogant de l’exécutif face à ce dossier.
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Texte publié le 6 mars, 2012
L’histoire d’Athènes, la cité grecque qui propulsa la citoyenneté à la dimension d’un sacerdoce, nous offre un exemple exaltant de patriotisme et de fidélité à la légalité démocratique.
La légèreté déconcertante qu’affichent les détenteurs d’une certaine autorité dans ce jeu prométhéen d’un nouveau genre prouve une fois de plus qu’ils ne sentent même pas que l’avenir de la nation est lié à l’à propos de leurs interventions publiques. Qu’importe que le moment se prête aux jeux stupides des intérêts ou aux chassés-croisés de censeurs insensés ! Qu’importe le vrai mobile des politiciens protéiformes ! Les gangsters sanguinaires regroupés en associations mafieuses ne réalisent pas que le pays en a marre et que de nos jours, dans le ciel noir d’Haïti, le fond de l’air est rouge et les ombres de la nuit bleue se colorent.

