Les petits poissons bleus ou les dessous du monde
Texte publié le 19 janvier, 2013
Culture, Essais, Littérature
Texte reçu le 19 janvier 2013
Par Benoist Magnat
Déménager son âme –croire aux bosons de Higgs – le piano à queue est vraiment lourd – tombé dans les escaliers – il rend l’âme – sang de déménageurs qui coulent le long des 4 étages – le concierge ne veut rien voir – on dira que c’est l’eau des poissons rouges que l’on trouve à tous les étages qui dégoulinent – le camion de déménagement est plein de phénomènes – il y a des gousses de vide – des tiroirs cachés qui contiennent des vieilles cochonneries qu’on aime plus que tout – de l’argent liquide qui flotte dans une armoire.
… Suite »»
Dans les affres de l’angoisse, le monde entier s’interroge
Texte publié le 29 février, 2012
Essais, Histoire: 1492-1804, Politique et gouvernement, Société
Texte reçu le 26 février 2012
« Orphée ne pouvait cependant pas prétendre que jusqu’à la fin des âges les fauves se laisseraient prendre à sa musique. Toutefois, on pouvait peut-être espérer qu’Orphée lui-même ne deviendrait pas un fauve ».
Julien Benda
Dr. Jean L. Théagène
Quand, méditant sur un rocher de l’île de Sainte Hélène où le retenait captif la soldatesque anglaise, Napoléon Bonaparte, foudre de guerre des armées françaises, vainqueur de cinq coalitions européennes revoyait le film de sa vie, il devait assurément se rappeler ce général nègre que, quelques années auparavant, il laissa mourir dans son cachot du Fort de Joux. On le devine aisément, souriant tristement au souvenir de ses tractations avec l’esclave devenu Gouverneur Général à Vie de la plus riche colonie française. On se l’imagine encore s’insurgeant contre ce destin d’insulaire que lui imposaient les circonstances.
Dérisoire souverain de l’île d’Elbe après avoir connu toute l’ardente ferveur du sort des armes et la somptuosité démesurée d’un pouvoir presque continental, l’illustre prisonnier devait se souvenir de sa correspondance soutenue avec ce Chef rebelle qui s’était toujours permis de traiter d’égal à égal dans ses missives historiques : « Du premier des Noirs au Premier des Blancs » ; tel fut l’exergue qui revenait, en leitmotiv lancinant, hanter ses réflexions sur la vanité existentielle. Tel fut l’aphorisme qui, au terme de sa vie tumultueuse et surtout bien remplie, devait lui indiquer, à lui, devant qui tous les souverains d’Europe se courbaient, toute la charge de dignité, toute la puissance de fierté, renfermées dans l’insignifiant corps d’ébène de Toussaint Louverture.
… Suite »»
Michel Soukar démasque le président Fabre Geffrard. Cora Geffrard : Mention spéciale de l’ADELF
Texte publié le 27 décembre, 2011
Criminalité, Essais, Histoire: 1804-1915, La présidence, Littérature, Politique et gouvernement, Romans, Société
Texte reçu le 27 décembre 2011
Par Robenson d’Haiti
L’année 2011 tire à sa fin. Et, deux ans à peine après sa publication, le roman de Michel Soukar, Cora Geffrard(1) s’est vu décerner une mention spéciale du grand prix littéraire Caraïbes de l’Association des écrivains de langue française (ADELF). Au fait, c’est une mention spéciale pour une mission spéciale.
Cora Geffrard, la fille du Président Fabre Geffrard(2), meurt assassinée. Seize accusés sont fusillés. Étaient-ils les véritables assassins ? C’est justement à cette énigme que s’est attaquée la plume de l’historien sur un territoire hautement romanesque et romancé.
… Suite »»
19 septembre: Centenaire du décès d’Anténor Firmin
Texte publié le 17 septembre, 2011
Armée, Diplomatie, Essais, Exil politique, Histoire, Histoire: 1804-1915, Politique et gouvernement
Texte reçu le 16 septembre 2011
Ce 19 septembre ramène l’anniversaire d’Anténor Firmin, premier anthropologue haïtien, respectable nationaliste et homme politique.
Capois de pure souche, Anténor Firmin naquit le 18 octobre 1850. Avocat de profession, il exerça plusieurs charges dans l’administration publique dont celle de premier diplomate sous le gouvernement de Florvil Hyppolite. A ce poste, il déjoua le plan du grand voisin du Nord qui voulait s’accaparer du Môle Saint Nicolas pour en faire une base militaire.
Comme il était de coutume en Haïti, le successeur du gouvernement qu’il avait servi fit de lui un suspect et, pour s’en débarrasser, lui confia le portefeuille de ministre haïtien à Paris. Il ne tarda pas à abandonner ce poste et revenir dans sa ville natale où il reprit ses habits d’opposant. Il prit la tête d’une insurrection et établit même un gouvernement provisoire au Gonaïves.
… Suite »»
Une escapade en Afrique
Texte publié le 16 septembre, 2011
Conditions économiques, Conditions sociales, Essais
Texte reçu le 13 septembre 2011
Fofo et Al ne le savent pas assez qu’ils m’ont fait un cadeau plein de douceur en m’invitant au mariage de leur fille à Lomé. Un vieux rêve inassouvi, un pèlerinage, un voeu dont je devais m’acquitter. Dix ans auparavant, je n’étais pas loin, à la Medina de Casablanca quand un vendeur sous la tente m’a fait remarquer que l’insalubrité de son réduit était un coin du palais de Hassan II en comparaison de celle de l’Afrique d’en-bas.
Une visite dans cette Afrique pour un touriste haïtien voyageant par ses propres moyens est un tourment pour l’esprit. Des idées préconçues, des mensonges tissés de faits vrais entretenus par la radio, la télévision, le ouï-dire font à chaque instant état de sociétés différentes au-dessous de la pauvreté absolue, de la promiscuité, de mise à l’écart de toute hygiène. Puis des injections, des vaccins à n’en plus finir qui coûtent cher et communiquent la crainte, l’angoisse, une épouvante inexprimable.
Pourtant j’en suis revenu, perdu dans une rêverie de contentement intérieur. Le mariage, inoubliable!. Cérémonie sobre parmi tant d’autres à la mairie de Lomé dans une atmosphère extérieure bruyante de gaité, de train de fête. Des parfums, des roses, des éclats de rire ininterrompu, le ciel tout azur, les jeunes tout amour. Les groupes se déplacent en longues processions à la queue leu-leu, marchant les uns sur les pieds des devanciers. La mairesse, une petite femme, toute menue, d’une voix douce, assez pour étonner, émouvoir et ravir un spectateur.
… Suite »»
|
|