Mgr François Ligondé, archevêque émérite de Port-au-Prince, décédé ce lundi 8 avril 2013, se retrouvait malgré lui au centre d’une guerre larvée générée par la passion morbide des opposants au régime de Duvalier. Prononcées d’abord en huis-clos, les dénonciations devinrent publiques dans les années 70 et s’intensifièrent à la suite du mariage du président Jean-Claude Duvalier et de la divorcée Michèle Bennett. Ces opposants ne lui pardonnaient jamais d’avoir accepté de célébrer ces noces, et d’avoir surtout publié auparavant une lettre pastorale démontrant la nullité canonique du précédent mariage de la future première dame.
Les prêtres de son archidiocèse, quant à eux, voulaient le voir s’impliquer dans un mouvement de théologie inspiré du marxisme et venant de l’Amérique du Sud. Des ressentiments à son encontre, ils en nourrissaient et guettaient la première occasion pour révéler leur hostilité. Ainsi, quelques semaines après le départ du couple présidentiel pour l’exil, le 7 février 1986, ces prêtres encouragés par ceux qui vivaient jusque-là en exil et avaient d’ailleurs leur propre compte à régler avec lui, réclamaient à grand cris sa démission (Simons, Marlisle. « Haitian Prelate under attack » New York Times. 3 avril 1986).

Texte publié le 9 avril, 2013 à 22:46


